Noyade d’un joueur de l’équipe de France U18 : la sanction du manager annulée
Le 7 août 2024, lors d’un déplacement de l’équipe de France de rugby des moins de 18 ans en Afrique du Sud, Medhi Narjissi, 17 ans, a disparu en mer lors d’une séance de récupération en eau froide sur la plage de Dias Beach.
Le manager de l’équipe, professeur de sport et conseiller technique national, a été sanctionné par les ministres de l’éducation nationale et des sports d’une exclusion temporaire de fonctions de deux ans, dont douze mois avec sursis, pour « négligence fautive ».
Il a contesté cette sanction devant le tribunal administratif de Bordeaux.
Premier reproche : ne pas avoir « formellement empêché » le préparateur physique d’organiser la séance sur la plage
Il était aussi reproché au manager d’être allé visiter le phare en laissant le champ libre au préparateur physique.
Le tribunal écarte ce grief. Le manager avait refusé à deux reprises cette baignade, pour des raisons de sécurité. Le planning ne prévoyait qu’une récupération à l’hôtel. À l’arrivée sur le site, l’organisateur du voyage avait annoncé au micro du car l’exclusion de « toute activité sur la plage ». La plupart des joueurs n’avaient d’ailleurs ni maillot ni serviette. Enfin, le manager ne s’était pas « absenté » : il accompagnait les joueurs et fermait la marche. Le tribunal relève une « erreur dans l’appréciation des faits ».
Second reproche : avoir « pris plusieurs minutes avant de faire cesser cette activité »
Là encore, le tribunal ne suit pas les ministres. À son arrivée, les joueurs étaient déjà dans l’eau. Le manager a été « placé devant le fait accompli d’une séance de récupération en eau froide organisée à son insu », dans « un acte de défiance manifeste » envers son autorité.
Aucun joueur ne semblait en difficulté et plusieurs encadrants surveillaient la zone. Après un temps de réflexion, il est entré dans l’eau et a plaqué le préparateur physique, ce qui a mis fin à la baignade. Ce délai de quelques minutes ne constitue pas une négligence fautive : la sanction repose sur une « erreur de qualification juridique ».
La sanction est annulée
Pour les clubs et les encadrants, la décision rappelle l’intérêt de consigner clairement les consignes de sécurité (planning, messages, annonces) : c’est ce qui a permis au manager de prouver son opposition constante.
Réf. TA Bordeaux, 15 sept. 2026, n° 2507369


